Intégration

Video, 1997

Dans la presse

"Le Taï-Chi très Beastie-Boys de Sandy Amerio."
Jean-Yves Jouannais dans Art Press


"Sandy Amerio dans Integration, tente de reproduire les gestes ritualisés d'un jeune immigré en se plaçant devant un écran, entre le modèle et la réalité projetée.."
Yvane Chapuis dans Flash Art

" Intégration : Soit une vidéo projection de 13 minutes. À l'image, une jeune femme en veste Mao et pantalon noir entame une chorégraphie devant une projection d'images diapositives représentant un jeune homme prenant des poses construites par la mode sportswear. Une émission de Radio Beur mêlant conversations avec les auditeurs et musique raï comme mise en forme sonore du dispositif. Elle est Française, il est Marocain. Il pose devant l'objectif, elle danse devant la caméra. Il regarde l'objectif avec assurance, elle a le regard concentré et tente maladroitement de venir calquer sa silhouette sur la sienne. La projection comme modèle. La chorégraphie comme tension vers l'Autre. Reproduire des attitudes jusqu'à les faire siennes. Prendre de l'assurance…

Peu à peu la chorégraphie s'autonomise (l'intégration des gestes et des attitudes) ... La jeune femme se concentre tantôt sur ses propres gestes, tantôt sur ceux du jeune homme avec lequel elle semble dialoguer. Le plan américain (la chorégraphie amoureuse) cède la place au plan moyen (la chorégraphie de la rencontre des cultures). Rencontre de deux personnes (la chorégraphie comme expression du désir) et de deux cultures (le raï comme symbole et comme forme de la mixité des cultures). Le désir comme déclencheur d'un apprentissage.

L'image photographique et la vidéo étant projetées sur le mur, du sol au plafond et les deux personnages apparaissant en plan moyen (l'échelle un), le spectateur se trouve en position de redoublement de la chorégraphie et d'identification au processus d'intégration. Soit un renversement de la logique d'intégration telle que la conçoivent les pouvoirs publics. En l'occurrence, le jeune homme ne s'intègre pas, il devient modèle. Le vivre-ensemble suppose avant tout la reconnaissance de soi (l'exposition de sa propre manière d'être). Une reconnaissance qui suppose un apprentissage (la chorégraphie). 13 minutes plus tard, la figure du jeune homme disparaît. Seule, sur fond de lieu désaffecté, la jeune femme poursuit sa chorégraphie, une chorégraphie dans laquelle elle a intégré les figures et les attitudes de l'Autre. Intérioriser l'Autre (l'intégration) et altérer le lieu de sa présence (la mixité). La chorégraphie comme allégorie d'une culture autre, une culture fondée sur l'altération de soi au contact de l'Autre."

Extrait du texte de Jean-Charles Masséra, issu du catalogue A quoi rêvent les années 90 ?

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